Au secours de la faune sauvage en Isère

En ce matin de juin le soleil se lève dans la vallée de la Gresse. Le centre de sauvegarde de la faune sauvage en Isère – Le Tichodrome – y est niché en son cœur, discret et silencieux. Les rayons du soleil réchauffent doucement les pierres de la maison.

 

Soins et nourrissage pour les jeunes et les blessés

Les habitants se réveillent à leur tour et le village s’anime doucement. Sur les hauteurs, le centre est déjà en effervescence depuis plusieurs heures. Dans le ballet des aller-retours entre la cave – garde manger du centre – et les infirmeries, chacun connaît son rôle afin de préparer les premiers repas de la journées où steak hachés, poussins, nutribird, graines et vers sont au menu, en fonction des besoins de chacun.

Dans la nurserie des dizaines de jeunes hérissons attendent leur premier repas. Souvent trouvés par des particuliers suite à la prédation d’un animal domestique ou alors à la mort de la mère, ce sont des fratries entières qui ont été amenées cette année. Afin de reproduire au mieux leur environnement, les fratries sont conservées ou alors les jeunes d’âge similaire sont regroupés. Ils sont en ce moment aux cotés d’oisillons nichés dans les couveuses, d’une jeune fouine et d’un bébé putois. C’est l’effervescence dans cette petite pièce doucement éclairée par la lumière du matin. Une chorégraphie où les soigneurs se croisent et se complètent dans les soins à apporter : les jeunes sont pesés, nourris, leur système digestif activé et les cages nettoyées. Après plusieurs heures à prendre soins de tout ce petit monde, l’heure est venue de recommencer avec les premiers !

 

 

 

Dans le couloir d’en face, au cœur de l’infirmerie 3, une danse similaire a lieu mais cette fois pour nourrir les adultes et pour apporter les soins aux blessés : hérissons, tourterelles, merles, corneilles, buse variable, fouines, écureuils, lérot… forment le petit monde qui peuple cette salle de soin. Les écovolontaires sont organisés en équipes de deux et suivent un protocole strict de soins afin d’éviter les risques de contamination surtout entre les hérissons.

 

 

  

 

Au début je n’étais pas forcement très à l’aise avec les oiseaux mais plus je m’en occupe, plus je les trouve fascinants et plus j’aime m’en occuper.

 

L’infirmerie 1 accueille quant à elle des occupants spéciaux. Dans une couveuse, à l’abri de regards se trouvent des œufs de busards cendrés. Récupérés dans un champs de la région, dans le cadre de la campagne de protection de la LPO Isèreils furent amenés dans le centre afin de les protéger des moissonneuses. L’un d’entre eux a déjà éclos il y a quelques semaines. Ce poussin busard, est suivi avec beaucoup d’attention par les soigneuses salariées et nourri plusieurs fois par jours à la pince. Le maître mot pour toute l’équipe : éviter l’imprégnation de tous les animaux – petits comme grands – afin de les relâcher pour qu’ils aient toutes les chances de survie à l’état sauvage.

 

 

Il est midi et le soleil chauffe la terrasse à l’arrière du centre. Installés sous des tentes deux écovolontaires sont aux petits soins avec des pensionnaires aux besoins particuliers. Sur une table et maintenus à l’aide de serviettes, pour éviter qu’ils ne s’envolent, deux martinets sont nourris de grillons. Ne se posant jamais directement sur le sol, mais contre les parois, ils sont incapables de boire dans une coupelle. Les bénévoles leurs appliquent alors avec une seringue une goutte d’eau sur le bec entre chaque grillon. En été le centre peut en compter des dizaines à remettre sur pied.

 

 

Gestion des urgences et conseils pour la faune sauvage

Tout au long de la journée, le Tichodrome reçoit de nombreux appels de particuliers ayant trouvé un animal. C’est alors qu’ils sont conseillés sur la conduite à tenir suivant l’espèce, l’état de l’animal et la capacité d’accueil. Un vrai rôle de sensibilisation !

C’est dans la salle de soins que les animaux amenés par les particuliers au cours de la journée sont auscultés. Pour certains c’est une mauvaise chute d’un toit et pour d’autre une collision avec une voiture. Les équipes apportent les premiers soins, donnent un diagnostic et les confient aux infirmeries pour la suite des soins. En fonction des fractures de certains oiseaux, ils sont emmenés chez un des vétérinaires qui accompagnent le centre.

 

 

Pour certains animaux, les équipes sont prêtes à faire des heures de route afin de les amener dans le centre le plus propice à les accueillir et leur prodiguer les soins et l’attention dont ils ont besoin. Ce fut le cas pour le bébé putois, car cet animal a besoin d’avoir un seul soigneur ce que les équipe ne pouvait lui apporter. La décision fut alors prise de l’emmener dans le centre d’un autre département afin qu’il ait les meilleures conditions pour grandir et être relâché.

 

Reprendre des forces avant de regagner la nature et sa liberté

En sortant du centre sur la droite on peut lire « silence ». Quelques petites et moyennes volières sont installées pour permettre aux oiseaux de reprendre des forces. On y trouve un petit duc, un jeune goéland, un canard ou encore divers passereaux comme des merles.

Sur les hauteurs du centre, loin des bruits de la ville, sont installées les grandes volières dont une de 44m. Elles permettent aux oiseaux de voler plus librement afin de se rééduquer après une période d’immobilisation suite à une fracture et faire un coup d’aile de plus vers la liberté.

 

 

 

C’est le cas pour une des buses variables de la grande volière. Les équipes se rassemblent pour la récupérer afin de voir si elle est prête à être relâchée. Équipée d’épuisettes, d’une balance et de nourriture, les équipes accèdent à la volière. Après sa pesée, la directrice du centre souffle délicatement sur son bréchet (thorax) pour voir si il n’est pas saillant. De cette manière elle peut évaluer si elle a un poids suffisant pour être relâchée et avoir toutes les chances de survie dans la nature.

Après une analyse favorable, l’équipe se rassemble pour ce moment – ce pourquoi tout le monde travaille sans relâche. La boite s’ouvre et c’est sans une hésitation qu’elle s’envole dans la vallée. Même sans avoir suivi toute sa convalescence c’est un beau moment qui récompense les heures de travail, de soins et les pertes. Et pour les équipes tout recommence !

 

 

Pour en savoir plus sur le Centre :
Site : Le Tichodrome
Page Facebook : @LeTichodrome