La richesse de la Mangrove Brésilienne

Article écrit pour l’association Akela Expéditions

Le Brésil possède l’aire de mangroves la plus large du monde : plus d’un million d’hectares qui courent le long de la côte. Ces forêts sont uniques, et parmi les habitats les plus menacés du monde. Nous partons donc à la découverte de cette mangrove brésilienne du côté de Santa Cruz Cabralia, petit village situé dans la région de Bahia entre Salvador et Rio de Janeiro. Là, se trouve une petite propriété privée depuis laquelle il est possible de partir en bateau à la découverte de la mangrove.

Nous entamons notre voyage à travers cet écosystème incroyable accompagné de notre guide brésilien, qui partage avec nous son savoir et son expérience. Nous nous laissons porter au rythme de l’eau à travers cette forêt tropicale, observant autour de nous la végétation dense encore épargnée.

La mangrove ou la richesse d’un écosystème menacé

Pendant longtemps, les mangroves ont été considérées comme des zones inutiles, malodorantes et envahies par les moustiques. Cette perception a évolué, notamment grâce au travail des scientifiques et à la sensibilisation du public. Les mangroves révèlent peu à peu leurs caractéristiques uniques. On y trouve une grande diversité biologique avec des centaines d’espèces d’oiseaux qui utilisent la mangrove comme lieu de nidification et de migration. Cette forêt, les pieds dans l’eau, protège les espèces côtières et marines vivant en son sein (crabes, poissons, oiseaux, etc.), mais son rôle va bien au-delà ; elle filtre et purifie l’eau, empêcher l’érosion de la côte et sa capacité d’absorption du C02 participe à la limitation du réchauffement climatique.

Les êtres humains sont la principale menace de la mangrove : coupe du bois, urbanisation, extraction pétrolière, développement du tourisme ou encore élevage de crevettes. Ce sont autant de causes de la destruction de cet écosystème fragile qui est pourtant indispensable à la survie de nombreuses espèces et qui veille également sur nous.

La crevette, une industrie aux conséquences dévastatrices

L’aquaculture crevettière au Brésil est dans le viseur d’entreprises internationales. Son développement de masse, comme il a pu l’être en Asie, risque d’avoir un impact tant sur la mangrove que sur les zones humides. Cette industrie poussée à grande échelle utilise des pesticides et des antibiotiques dans les bassins ce qui pollue l’eau et engendre une perte d’habitats marins et côtiers, comme la mangrove. Les conséquences à l’échelle des écosystèmes se traduisent notamment par la perte de poissons, de l’habitat des oiseaux migrateurs et l’érosion des sols, protection naturelle contre les crues. Des lois récentes protègent les mangroves dans certaines zones, mais leur application n’est pas véritablement appliquée. Face aux intérêts financiers à court terme, les politiques pourraient facilement être tentés de céder aux sirènes du profit.

La mangrove est un lieu merveilleux pour plonger au coeur d’une faune unique, loin de la civilisation. Notre navigation se poursuit, oiseaux, crocodiles et nids de guêpes géants ponctuent notre voyage. La mangrove se dévoile timidement, elle a tant à offrir qu’elle a un air de “reviens-y”.

Alors n’hésitez pas lors de votre prochain voyage au Brésil. Allez découvrir les trésors de la mangrove. Allez constater par vous-même à quel point sa faune et sa flore méritent notre attention.

Pour contribuer à la préserver, vous pouvez agir en tant que consommateurs et consommatrices. Vous pouvez choisir lors de vos prochaines courses des crevettes biologiques comme celles issues de Madagascar, beaucoup d’efforts y sont faits pour rendre les pêcheries plus respectueuses de l’environnement, ou encore d’Islande où de nouvelles techniques de pêche évitant les prises annexes sont en train d’être mises en oeuvre.

Alors on se mobilise pour la mangrove dès l’assiette ? 🙂

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