Sur les traces des baleines de Monterey

Article écrit pour l’association Akela Expéditions

Pour les amoureux de la faune marine, la baleine est un incontournable. Baleines à bosse, rorqual commun, baleine bleue…. tel a été notre objectif pour cette côte californienne. Ces différentes espèces de baleines sont pour la majorité classées en danger d’extinction par l’IUCN. Alors afin d’avoir une chance de les observer, nous avons choisi la baie de Monterey !

Dans la baie de Monterey, se trouve une immense réserve marine protégée de près de 15 700 Km2. De par sa fraîcheur et l’abondance de sa nourriture, le canyon sous-marin de plus de 1600 m de profondeur accueille une biodiversité exceptionnelle : plus de 26 espèces de mammifères marins, 94 d’oiseaux et 345 de poissons. Cette richesse nous promet des rencontres d’exception !

Les loutres marines, première rencontre au port

Plusieurs moyens de transport s’offrent à nous : petits bateaux, très petits bateaux, zodiaques… N’ayant pas le pied le plus marin du monde, notre choix se porte sur une compagnie qui offre un accompagnement par une biologiste et respecte les distances avec les animaux, afin de ne pas les déranger outre mesure.

Après une rapide réservation quelques jours plus tôt, nous prenons le large par une matinée fraîche et brumeuse. Au moment de quitter le port, nous rencontrons quelques loutres de mer.

Ces dernières avaient été chassées pour leur fourrure presque jusqu’à l’extinction. Pensant l’espèce éteinte, les chasseurs été partis. D’irréductibles amoureux des loutres ont tenu secret l’existence de quelques individus. Désormais, la baie accueille un peu plus de 2000 individus et la loutre est devenue l’emblème de la ville. Ironique non ?

Après avoir entrevu le snack des loutres, nous quittons le port en croisant une colonie de lions de mer perchée sur les roches ou pour quelques solitaires cachés sous les pontons.

Rorqual commun et dauphins s’invitent à la fête

Cette fois, c’est partie pour 4h de bateau en pleine mer. Nous sommes cramponnés au pont regardant au loin tant pour chercher les baleines, que pour éviter le mal de mer qui nous gagne. Nous scrutons les vagues avec frénésie pour tenter d’apercevoir un jet d’eau, une bosse ou un aileron. Les premiers cris des passagers se font entendre – on aperçoit au loin une série d’ailerons. Notre bateau en prend leur direction. Ce sont des dauphins qui nous accueillent. Un groupe de 5 individus nage paisiblement en direction de la côte. Dans la baie, plusieurs espèces de dauphins se croisent : dauphins à flancs blancs du Pacifique, dauphins de Risso et marsouins de Dall.

Après un moment de contemplation, nous reprenons la direction du large en quête de nos baleines. Une fine bruine se met à tomber et la taille des vagues augmente. Nous plissons les yeux en nous accrochant d’autant plus fermement au bateau. Le mal de mer et la pluie ne réduisent pas notre envie de voir ces majestueux mammifères. Les menaces qui pèsent sur eux ont majoritairement pour origine l’activité humaine : pêche, filets dérivants, collisions…. Pour certaines espèces, comme les baleines à bosse, certains signes sont encourageants dans la mesure où leur nombre en Antarctique augmente légèrement. Pour d’autres comme le rorqual commun, que nous pouvons aussi voir en méditerranée, l’espèce est toujours en danger d’extinction.

Notre première baleine apparaît au loin. Il s’agit en fait, d’après notre biologiste, d’un rorqual commun. Solitaire, il nage aisément non loin de notre bateau, désormais à l’arrêt. Nous l’observons avancer dans les eaux sombres du pacifique, subjugués par cette première rencontre. Nous le laissons poursuivre son chemin, tout ému que nous sommes. C’est alors que l’équipage entend qu’un large groupe de baleine a été vu non loin des côtés. Nous partons donc à leur rencontre.

Le festin des baleines à bosse

Arrivées dans une baie où la rivière se jette dans l’océan, une demi-douzaine de baleines sont en plein festin. Nous voyons leur corps sortir progressivement de l’eau pour reprendre leur souffle et glisser à nouveau sous les eaux à la recherche de krill. Chaque individu peut être identifié en fonction de sa queue, qui est unique dans le nombre et la disposition des marques blanches. Dans la baie, les pêcheurs sont sur leurs petites embarcations. Il semble y avoir entre eux et les baleines une sorte d’accord tacite, une proximité respectueuse, presque familière. Nous regardons de tous bords ces créatures magnifiques plonger et replonger. Ces heures de bateau et ce léger mal de mer n’entachent pas ce spectacle majestueux. Encore une fois, la nature nous surprend et nous emplit d’une joie enfantine.

Malheureusement, c’est le moment de partir. A regret, nous les laissons poursuivre leur festin et retournons sur la terre ferme, pour le plus grand bonheur de certains dont le teint est aussi gris que le temps. Comme un dernier clin d’oeil, un groupe de lions de mer s’est rassemblé sur une bouée et essaye de s’entasser à tout prix sur ce minuscule espace.

Cette sortie en mer fut épique, mouvementée, riche en émotions et rencontres. Dauphins, lions de mer, baleines, rorqual et loutres ont rendu ce moment unique. Ils nous ont fait réaliser toute la richesse de la faune marine et l’importance de préserver nos océans. Alors pour y contribuer quelques gestes simples sont possibles : pas de paille en plastique – on dit non ! -, une crème solaire à base minérale qui pollue moins et plus de plastiques à usage unique.

Un petit geste par nous et une grande bouffée d’air pour la faune et la flore marine !